Les départs donnent souvent l'illusion d'une renaissance [Languirand]

Les départs donnent souvent l'illusion d'une renaissance
|| Prologue ||

Ouvre les yeux, regarde bien qui tu es, et qui tu es devenu surtout.
Passé, présent, futur, tout se mêle et s'allie pour ne former qu'un unique être.

Tu (puis-je te tutoyer d'ailleurs ?) vas tomber dans le puits de mes songes, l'abîme insondable de mes espérances, le précipice de mon âme, là où jamais personne ne me suit d'ordinaire.
Cela touche un peu à moi, à ma sensibilité, à mes délires, à mes joies et à mes peines.
Bienvenue dans une vision du monde parmi tant d'autres.
Voici une illusion extravagante d'une vie qui ne vaut pas plus que la tienne, une fantaisie enfantine.
Fantasmes et utopies sont au rendez-vous.
J'aime à suivre mes intuitions, j'apprécie les sous-entendus, les allusions, les symboles et les coïncidences.

Il me semble que j'ai encore quelque chose à accomplir sur cette terre.
"L'avenir est ce qu'il y a de pire dans le présent" [Flaubert]
Je ne sais rien, ou alors un peu de tout.

J'espère te divertir, te kidnapper à ton quotidien décidément trop sérieux pour les batifoleurs comme moi.
Sur ce, bonne lecture.

(un être ordinaire ou pas tout à fait)

# Posté le vendredi 21 mars 2008 04:45
Modifié le mercredi 08 avril 2009 15:22

'La solitude n'est possible que très jeune, quand on a devant soi tous ses rêves, ou très vieux, avec derrière soi tous ses souvenirs' [Régnier]

|| Chapitre I ||


{Chaque être humain est censé avoir une personnalité unique,
être ce qu'aucun autre ne peut être exactement,
et faire ce qu'aucun autre ne peut faire exactement.} [Channing]

I
l est là. Seul. Au milieu de la foule. / Solitude: douce absence de regards [Kundera] / Et moi, simple démiurge, je le guette secrètement. Il ne se doute de rien. La machination parfaite. Comme Dieu, je contemple mon monde du haut de mon siège. Je suis cachée, en arrière-plan. Je fais partie intégrante du décor...et pourtant...Je ne vois que lui. / Si l'on est différent, il est fatal qu'on soit seul. [Huxley] / Ma vue se brouille à son approche ou bien se précise-t-elle a contrario ? Je ne saurais le dire avec clarté. Mes repères ont disparu depuis que Je l'ai repéré au centre des inattentions. Pourquoi me semble-t-il si différent ? / Nous n'aimons un être qu'aussi longtemps que nous le croyons différent des autres, et aussi nous ne le croyons différent des autres qu'aussi longtemps que nous l'aimons. [Deval] / Je l'apprivoise de mes sombres iris et suit les lignes de son visage. La mâchoire est bien tracée, ses lèvres n'expriment rien, sinon la neutralité la plus complète, ses yeux m'attirent inexorablement, ses sourcils sont légèrement froncés, suggérant à sa figure un air sérieux empreint d'une certaine impatience et des mèches de cheveux foncées retombent sur son visage, l'assombrissant un tant soit peu. Il se tient droit et a de l'allure contrairement à la masse grouillante autour de lui. / Il y a peu de différence entre un homme et un autre, mais c'est cette différence qui est tout. [James] / Il m'apparaît évident qu'il ne se trouve pas au bon endroit, qu'il n'est pas à sa place ici, dans ce bus plein à craquer. Sa tête s'oriente à droite, puis fait un mouvement vers la gauche, parfois il regarde droit devant lui, mais il ne me voit pas. Je suis invisible. Il a un comportement très étrange. J'ai l'impression qu'il se sent presque mal à l'aise. Peut-être est-il claustrophobe ? On sent qu'il a besoin d'un espace vital plus large. J'essaie d'imaginer comment il vit au quotidien. Aime-t-il rire ? Aime-t-il la musique ? A quoi passe-t-il son temps ? Comment est-il avec ses amis ? Est-il amoureux, romantique peut-être ?
Je suis obligée de décrocher mon regard de cet homme. Il me subjugue tant par son naturel, sa posture même ! Malgré tout, je dois descendre à mon arrêt et, à contrec½ur, je quitte ce parfait inconnu. Encore quelqu'un que je ne reverrai sans doute jamais au cours de ma vie. Las, je prends la direction de mon chez-moi. Je me sens extrêmement seule et agacée par la monotonie de mes journées. Je m'enferme de plus en plus dans ma solitude tandis que je prends péniblement le chemin du retour. / Au fond, c'est ça la solitude : s'envelopper dans le cocon de son âme, se faire chrysalide et attendre la métamorphose, car elle arrive toujours. [Stindberg] / Je me trouvais dans mes songes lorsqu'on m'aborde, assez brutalement d'ailleurs. [...]

(une étoile brillante perdue dans l'immense firmament)

'La solitude n'est possible que très jeune, quand on a devant soi tous ses rêves, ou très vieux, avec derrière soi tous ses souvenirs'
# Posté le jeudi 02 avril 2009 13:00
Modifié le mercredi 08 avril 2009 16:09

# Le monde est un grand bal masqué

# Le monde est un grand bal masqué
|| Chapitre II ||

Mélodie

Un masque de beauté
U
n masque de cruauté
On se cache
On se cache derrière nos apparences
Un
masque de paix
U
n masque de solitude
Un masque d'argent
Chacun choisit comment il doit se dévoiler
Ou bien se dissimuler aux yeux des autres
U
n masque de chagrin
Un masque de bonheur
Chaque masque a ses peines et ses joies
Masque d'espoir,
Tout n'est que fade

Tout n'est que fade.

(un pantin désarticulé)
# Posté le dimanche 11 janvier 2009 06:42
Modifié le jeudi 02 avril 2009 13:48

~ Celui qui poursuit un rêve n'en désire pas, au fond, la réalisation : il veut seulement pouvoir continuer à rêver. [Pratt]

~ Celui qui poursuit un rêve n'en désire pas, au fond, la réalisation : il veut seulement pouvoir continuer à rêver.
|| Chapitre III ||

Je plonge inexorablement dans le pays des chimères. Il m'emmène à sa suite. Je poursuis la route du soleil qui sombre peu à peu vers de sinistres contrées. Je n'ai pas peur, ce monde est une création psychédélique de mon instable inconscient. Je me sens d'une légèreté incomparable. J'ai l'impression d'être éveillée. Je vois tout avec mes yeux, oui, toutes ces étincelles, ces brises vespérales, ce suave parfum,gèrement sucré. Je sens le voile de satin tournoyer autour de mes épaules nues. Tout cela m'apparaît réel. Mes cinq sens sont pourtant pris au dépourvu. se cache la vérité ? Où se dissimule la grande mascarade ? Quelle est la mise en scène ? Ajustez le tir, messire.
Je n'ai plus que la notion du rien, du ant absolu. Le temps a disparu derrière son nuage qui, simple proie à la toile du firmament, n'est plus que poussière étoilée. Et moi ? Qui suis-je ? Vais-je me réveiller dans un moment ? Je distingue quelques fragrances, des visages familiers, des scènes singulières, des souvenirs et des éléments insolites s'emmêlent dans ce sublime maelström. Je m'égare. C'est le royaume des songes. Les rêves incarnent le cercle vicieux de chaque nuit, ils se renouvellent et meurent, car tel est leur destin.

(une téméraire entrée par effraction dans un asile de fous)


Chasing the sun !
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# Posté le mercredi 08 avril 2009 15:58

- L'enfance. L'âge de la vie où tout semble possible, où on imagine qu'il suffira de vouloir changer son destin - /Archambault

- L'enfance. L'âge de la vie où tout semble possible, où on imagine qu'il suffira de vouloir changer son destin - /Archambault
|| Chapitre IV ||

Je ne peux pas me plaindre de mon enfance.
C'est une partie de ma vie, quand je la contemple avec mes yeux d'aujourd'hui - et c'est avec une tendresse infinie - que je trouve particulièrement enchanteresse. La douce inconscience. La paisible pensée. Le bonheur à temps plein. Les jeux imaginaires qui me paraissent pourtant inconcevables maintenant. Mes petits rituels, les anecdotes amusantes. Ce passé là m'anime de toute sa force insoupçonnée. Je l'aime pour ce qu'il a été. Pour ce qu'il a construit en moi. Je rêverais d'être toujours une enfant.

``Chaque fois qu'un enfant dit : "Je ne crois pas aux fées", il y a quelque part une petite fée qui meurt. [Barrie]

Lorsque le premier bébé rit pour la première fois, son rire se brisa en un million de morceaux, et ils sautèrent un peu partout. Ce fut l'origine des fées.'' [Barrie]

Moi aussi, je voulais atteindre Neverland !

(Une fille rattrapée par son syndrome Peter Pan)

SunnY
# Posté le mercredi 15 avril 2009 14:42
Modifié le jeudi 16 avril 2009 01:46